jeudi 19 février 2009

Un confetti sous l'alizé

Certains ont voulu la rupture. La voilà. Peu de doute qu'elle ne soit définitive dans les coeurs et les esprits. Un confetti d'empire s'envole sous les alizés.

Le poète et homme politique antillais Aimé Cesaire a écrit : "Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscitent son fonctionnement est une civilisation décadente".

Ce n'est évidemment pas le scoop du jour. Sachons toutefois reconnaitre que l'alizé précède la véritable tempête à têtes d'hydre qui va nous contraindre ces prochains temps à opérer les changements de civilisation que nous aurions dû décider il y a belle lurette.

Cela va souffler autour de nos esprits essoufflés, de nos coeurs engourdis et de nos âmes ensommeillées.

9 commentaires:

  1. Psychodébordéthisweek19 février 2009 à 08:58

    ...et c'est tant mieux !
    Même si c'est douloureux au début...

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  2. Un premier pas de la part des anglo-saxons pourrait être de changer leur manière de nommer les alizés : trade winds, ça dénote un état d'esprit particulier, non ?

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  3. @ Psychoverbooked : Certaines gestations sont douloureuses... quelle tronche aura notre bébé à tous ?

    @ Hacène : Le mot est rarement innocent... merci de m'avoir appris cette traduction significative !

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  4. La tempête tropicale se transformera bientôt en cyclone, qui dévastera tout sur son passage... Puis, nous reconstruirons et les alizés reviendront, comme avant... Tout est un éternel recommencement.

    Un confetti envolé n'a jamais empêché le Carnaval de se poursuivre, avec son cortège de masques grimaçants.

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  5. @ ramses : Les cycles de cyclones se raccourcissent singulièrement. Les masques parcourant les palais vénitiens grimaceront bientôt de voir les pieds de leurs porteurs fouler une place de Doges systématiquement inondés. Les confettis portés par les vents d'ouest viendront assombrir des fêtes ressemblant de plus en plus à des requiems. Tout se meurt lorsque la foi et le courage désertent.

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  6. L'effet le plus manifeste de notre epoque decadente se situe au niveau de l'art et de la litterature. Tous ces pseudo-artistes subventionnes (Jeff koons par ex), avident de gloriole, constituent le top de la pamoison intellectuelle actuelle. (Et un esprit pauvre est un esprit aisement malleable!) Notre epoque me fait davantage penser a la fin de l'Empire Romain ou les hommes avaient sombres dans l'hedonisme et le nombrilisme le plus primaire desirant presque ardemment sa chute ; ce qui a engendre un renouveau intellectuel et spirituel. Enfin bon, cela fait un peu plus de 2 siecles que nous sommes en decadence, il serait temps que les jeunes ephebes sortent de la grotte ! mais est ce demander l'existance d'un monde que l'on pourrait qualifier de proche de l'onirisme ?! je ne crois pas.

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  7. @ Louis : J'ai le sentiment que notre époque a misé toute sa logique sur l'économique (et le financier) en privilégiant l'individu au détriment de la collectivité pour maximiser le système (égo flatté, consommation exacerbée, diviser pour mieux contrôler). Alors oui, notre époque est éminemment et profondément décadente. Elle est porteuse de frustration et de destruction. Le bonheur ne peut être quantifié en terme financier. Il est en notre capacité à se réaliser individuellement et collectivement.

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  8. @ Christina
    Ne sois pas trop pessimiste... Tout le monde ne considère pas l'argent comme une source de pouvoir. Pour moi, il est synonyme de liberté. On n'achète pas le bonheur, on le construit à l'aide de valeurs qui n'ont rien à voir avec l'argent. Mais l'argent permet de ne dépendre de personne et cela n'a pas de prix... La véritable liberté passe par une indépendance financière. Ce sont les pouvoirs totalitaires qui ont transformé les masses populaires en valets, pour mieux les asservir. L'un des intérêts du capitalisme, malgré tous ses défauts, est de permettre à l'individu de conquérir son indépendance, s'il en a la capacité et s'en donne les moyens. La "collectivité" ne doit intervenir qu'au profit de ceux qui ne s'en sortent pas. Heureusement, ils sont encore très minoritaires, quoi qu'on en dise... On serre les dents et on se bat !

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  9. @ ramses : L'argent n'est pas mauvais en soi. Je te rejoins évidemment pour reconnaitre qu'il permet de s'acheter une certaine forme d'indépendance. Non, ce que je veux stigmatiser est plus profond. L'homme moderne, me semble-t-il, a été floué par des dizaines de générations qui ont érigé la croissance économique comme objectif principal. C'est là qu'est l'erreur. L'homme a décroché sa spiritualité et l'a abandonnée sur les bas-côtés de ses autoroutes. A quoi ça sert de s'encombrer d'un tel équipage, s'il suffit de mettre de l'essence bien juteuse dans sa vie pour avancer vers plus de confort, plus de biens matériels et de capital sécurisant. Les non-valeurs attendront. De toutes façons, les jeux du cirques que proposent notre société avancée sont beaucoup plus passionnants que toutes ces introspections prises de tête déjà cabossée. Et notre bonheur, certains s'en occupent déjà. Ce sont d'ailleurs des spécialistes qui eux savent ce qui est bon pour nous.
    Alors, vois-tu cher ramses, j'ai comme un doute. Je ne souhaite pas retourner aux temps des cavernes. Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas écrit. Non, je souhaite juste rééquilibrer les importances respectives de choses qui ne sont pas comparables. Pas incompatibles non plus...

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