mardi 30 décembre 2008

Quand le fait divers fait diversion

Comment faites-vous ?

Oui, comment faites-vous pour les supporter ? Moi, ils m'arrachent les prunelles et me massacrent les tympans. Mais grave. C'est simple, j'y suis devenue carrément allergique. Pour autant, je vous jure que je ne chercherai pas à me soigner. Oh que non ! En fait, je pense plutôt être en phase d'une sorte de désintoxication. J'émerge de ce maelström qui malaxe et pétrit nos pauvres petites existences ballottées.

Bon d'accord, foin des préliminaires, j'en viens au fait, sans plus de diversion.

Voilà : j'abhorre les faits divers. C'est clair, c'est net, c'est précis. Je ne supporte plus d'avoir les deux tiers des titres d'un journal consacrés à cette fosse aux puanteurs.

Tenez, là je viens de prendre mon bain (je sais, c'est tard, mais je suis en vacances ou pas ?). Barbotage tranquille. Chérie FM on-line. Belles chansons françaises. Ça baigne, quoi ! Arrive le flash d'infos et son concentré d'abjections imposées : j'aurai pu hurler ! Je crois que j'ai quand même lâché un subtil : "Putain, ils font chier ces cons avec leurs conneries !". Faut quand même pas pousser mémère dans les orties !

Dites-moi, mais dites-moi donc à quoi cela sert d'informer toute la population française en capacité d'écouter et de comprendre, de ce fait suivant : "Un cuisinier portugais aurait assassiné deux prostituées thaïlandaises". Putain (pas fait exprès !), à quoi ça sert de nous écorcher les neurones avec ces putains de faits divers ? Cela fera-t-il changer les choses ? Oui : susciter peut-être des idées, des vocations pour des fêlés du ciboulot !

Je suis certes consciente que certaines affaires peuvent faire avancer notre société en débouchant sur l'instauration de nouvelles lois adhoc. J'arrive à le concevoir. Mais la dose n'est pas la bonne. Trop, c'est trop. Marre de l'exhibitionnisme malsain de nos pulsions cachées. En élargissant la réflexion, j'y ajouterai avec le même dégout (si, si : le même !) toute cette pipolisation de notre société de strass et de stress.

D'un côté une bonne mesure de paillettes, pyrite et cubic zirconium. De l'autre une belle gorgée de peurs et d'instincts primaires. Secouez, mélangez-bien et servez le cocktail matin, midi et soir. Aucune contre-indication. L'abrutissement est garanti. Satisfait et jamais remboursé puisque c'est offert par la maison nourricière.

Merci maman, merci papa. J'ai tout bien fait comme on me l'a appris.

Je ne vous cacherai pas que de temps en temps, je laisse échapper un petit rôt nauséabond. Il m'est peut-être même arrivée de carrément vomir. Je me suis aussitôt empressée de m'en excuser auprès de mon entourage offusqué.

A votre santé, M'sieurs Dames ! On trinque ?

Oui... on trinque.

6 commentaires:

  1. Un conseil, si vous le permettez: dans votre baignoire de luxe écoutez France Musique, ça calme, et puis au moment des news, vous coupez le son, et là vous vous sentirez rénovée, en forme, toute neuve pour refaire le monde.

    Avec votre "courage", vous faites quoi, pour le changer ce monde ?

    Respectueusement votre.

    Votre langage limite "rentre dedans" est assez déplaisant...Il n'invite pas à vous suivre dans votre combat.

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  2. @ Anonyme : merci pour vos précieux conseils ! que fais-je pour changer le monde ? Je participe au téléthon en tant qu'organisatrice dans ma ville; je donne de mon temps dans des maisons de retraite; je passe souvent ider à la spa; j'écoute mes amis; je signe des pétitions sur le net; je participe à des manifestations. J'en passe et pas forcément des meilleures.
    Je comprends que mon langage rentre dedans, comme vous dites, puisse déplaire. Vous comprendrez à votre tour que je ne le changerai pas. Il reflète sinon ma personnalité, du moins mon humeur. Je respecte vos choix. Chacun est libre d'écrire ou de ne pas écrire, de lire ou de ne pas lire. C'est une évidence ! Quant à mes combats, je ne recrute pas. Je me contente de donner mon avis et d'exprimer mes sentiments. Qu'on les partage ou pas, là n'est pas la question. Chacun est grand, majeur, vacciné, doué de raison. Mais il est toujours bon d'échanger et de confronter les avis. Une démocratie est vivante par définition. Si elle n'est pas pratiquée, elle n'est plus une démocratie.
    Voilà, Monsieur anonyme ! Je vous souhaite un joli surf sur la toile !

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  3. @ Anonyme : un dernier point. Je viens de vous relire et un détail m'avait échappé : le savoureux "dans votre baignoire de luxe" ! Juste pour briser net l'image que vous semblez avoir de ma baignoire : elle est toute simple, rayée, propre mais parsemée de traces de calcaire (elle est plus toute jeune la pauvre !). Rien à voir avec une baignoire de luxe. Tant pis pour les jets qui massants...
    Voilà, c'était juste un clin d'oeil à vos propos qui m'ont fait bien sourire et pour lesquels je vous remercie encore une fois !

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  4. Ok, si vous faites déjà tout ça à 20 ans (comme votre baignoire ?), alors ménagez la bien votre baignoire antique et révolutionnaire; elle vous maintiendra avec ses mains caleuses, pardon calcaires, jusqu'à 80 ans, le temps de réformer une partie du monde, vous savez celle qui est nantie et gavée, celle-là même qui se vautre dans le consumérisme et qui se dit "écolo" parce qu'avec bonne conscience, elle aura acheté les dernières baskets très tendance en fibres de bambou, et le dernier T-Shirt en coton équitable... Pauvre planète aveuglée par les voyous du marketing !

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  5. Pour info: M.Anonyme a un blog, en jachère...

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  6. @ Yves : vous devriez refaire vivre votre blog. La jachère l'a suffisamment reposé; il est prêt à recevoir vos graines. C'est important de semer. Même si on n'y croit plus. Même si on est sceptique. Même si on est pessimiste. Surtout.
    Quant à moi, je n'ai pas l'impression de faire grand chose. Ce n'est rien. Sans fausse modestie. En toute lucidité : ce n'est rien.
    Vous voyez, j'ai une théorie qui vaut ce qu'elle vaut (peut-être pas grand chose, mais c'est la mienne et à ce titre je lui accorde tout mon crédit possible) : on n'est pas grand chose, la vie file toujours plus vite qu'on ne le croit, MAIS : mais on se doit d'agir PARCE QUE on est humain, PARCE QUE on vaut beucoup plus que ce que l'on croit. Alors les grincheux, les aquoibonistes et les detoutefaçonistes, et bien si je ne peux plus les secouer amicalement, et bien je les laisse avec leurs certitudes et je poursuit mon chemin avec les miennes, de certitudes.
    C'est tout simple. Un gosse de six ans comprendrait.
    Dernier point : je suis assez d'avis que tout le monde pense plus ou moins la même chose (ça va mal, la planète, etc...), mais tout le monde agit également à l'unisson dans un sens peu cohérent avec sa pensée (pas de réelle action individuelle; poursuite de la consommation compulsive; individualisme; etc...). Bref on prend conscience de pal mal de choses et on continue à faire les cons. Et bien pour moi, cela s'appelle tout simplement le manque de courage. Alimenté par toutes nos peurs et toutes nos habitudes.
    Je suis désolée mais j'ai du mal à accepter cela à 20 ans.
    Je ne sais pas quel âge vous avez, mais pour ma part j'ose espérer ne pas voir ma flamme s'étioler au fil des années.
    A chacun de voir ce que représente ce don qu'est une VIE. J'essaye de choisir, même si cela n'est pas facile. Le choix des autres, je le respecte tout en essayant de dialoguer pour éclairer ma lanterne mais également celle des autres. D'où ce blog, certes maladroit mais qui est justifié à partir du moment où il apporte quelque chose de positif à une seule personne (moi, non comprise évidemment).

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