dimanche 21 décembre 2008

Une gravité joyeuse

De l'Anapurna de mes 20 ans, je regarde parfois la vallée de mon enfance. Mon coeur la rejoint alors d'un simple élan. J'y retrouve pour quelques douces secondes cette rivière calme et nourricière qui a irrigué mes primes années.

C'est en gravissant la montagne de ma vie que je remonte ce cours d'eau qui m'était familier. La rivière devient déjà plus vive. Elle n'a de cesse de changer. De se transformer. La voici presque bouillonnante. Je suis déjà à m'abreuver dans ce qui est maintenant un torrent de montagne.

Mais où en est la source ? Je lève la tête. J'aperçois le serpentement du cours d'eau disparaître au détour du flanc du massif. Je ne découvrirai le but de mon voyage qu'en le continuant. Qu'en grimpant. Toujours plus haut.

Quelques passages difficiles ont ralenti mon escalade. Je les ai affrontés en regardant ma peur bien en face. Elle a aussitôt disparu. Tel un fantôme. J'ai repris la quête de mes sommets. Le terrain est toujours piégeux, mais je commence à bien les connaître, ces pierres qui veulent m'entraîner dans leurs chutes.

Je suis à mon premier camp de base. Heureuse d'avoir accompli ce bout de chemin. Même si les sommets sont toujours invisibles. Mangés par des cieux qui semblent vouloir me réserver quelques surprises pour plus tard.

Depuis la plaine, je marche seule avec une gravité joyeuse. Elle est mon guide. Je lui accorde une confiance aveugle. Je crois que c'est celle d'une foi innommée, mais peu importe au fond.

Où me conduira ma gravité joyeuse ? Je ne le sais. J'espère au-delà de cette brume qui ceint le haut de cette montagne qui m'a toujours fascinée.

Reste avec moi, ma gravité joyeuse. Notre chemin est beau.

2 commentaires:

  1. 1_gentil_passant_qui_aime_le_lyrisme23 décembre 2008 à 13:02

    Un peu de lyrisme n'a jamais fait de mal à quiconque...Il faudrait quand même vérifier ce que l'on peut voir depuis l'Annapurna, par souci du détail... avec Google Earth, on devrait pouvoir le faire et voyager à peu de frais. C'est ça internet, on passe de l'enfance au sommet, on redescend, on remonte...la pro-ré-gression permanente.

    RépondreSupprimer
  2. D'aucuns pensent être au faite de leur existence à 20 ans. D'où l'Anapurna de mes 20 ans. Alors que... alors que...
    J'aime bien ta "pro-ré-gression permanente". Elle tient la route. Va savoir où elle peut mener, cette route !

    RépondreSupprimer